
Philippes occupe une place privilégiée dans l'histoire en raison de son emplacement comme station importante sur la Via Egnatia. La ville est surtout connue des historiens par la victoire des héritiers de César sous ses murs en octobre 42 av. J.-C.; les deux armées romaines commandées, d’un côté par Brutus et Cassius, les meurtriers de Jules César, de l’autre par Octave et Antoine. Ces derniers remportèrent la victoire, qui décida le sort de la République romaine.
Elle a été également la première étape européenne de Saint Paul, avant celle de Thessalonique et de Corinthe, durant son deuxième voyage missionnaire. Il est arrivé depuis la Troade en passant par Samothrace probablement en 51 après J.-C. Et c'est à Philippes qu’il a prêché et baptisé pour la première fois en terre Européenne : la première personne à le suivre a été une femme juive. Le message est clair et révolutionnaire, mais aussi très actuel : nous sommes tous égaux, quels que soient notre sexe ou notre origine…
Nous avons eu la chance et le plaisir de partager cette visite à Philippes, le plus important site archéologique de Macédoine après celui de Vergina, avec le professeur d’histoire byzantine à l’Université de Paris I, Jean-Pierre Sodini.
Θα σε υποδεχτώ από την πλευρά της θάλασσας. Να σου δείξω την πρώτη πόλη μου, ριζωμένη επάνω στον κεκλιμένο βράχο από γρανίτη, σε σχήμα αμυγδάλου ή κεφαλής αλόγου, κατά τη ρήση των παλαιών περιηγητών όταν ξεπέζευαν εδώ για να ξεδιψάσουν και να καταλύσουν στα, εκτός των τειχών, χάνια, πριν συνεχίσουν την πορεία τους προς ανατολάς. Έτσι, διακόπτοντας την καβάλα του ταξιδιού τους, ονομάτισαν, χάριν της μεταξύ τους συνεννοήσεως, τον περίκλειστο αυτό τόπο, αγνοώντας την αρχαία πόλη Σκάβαλα, που τα ερείπιά της κείτονται ακόμη σκεπασμένα στα βορινά υψώματα.
Να
σου δείξω το δρόμο των Φράγκων, των Λομβαρδών, των Ενετών και των
κουρσάρων. Οι Σέρβοι, κι αργότερα οι Βούλγαροι ήρθαν από το Βορρά. Οι
Τούρκοι από την Ανατολή. Οι θάσιοι κατακτητές των μεταλλείων του
Παγγαίου και του χρυσού της Σκαπτής Ύλης, αναγκαστικά από το Νότο.
Νεάπολις, Χρυσούπολις,
Καβάλα, εδώ
γεννήθηκα. Ανάμεσα στα δυο ποτάμια και στη σκιά του όρους Συμβόλου.
Έκοψα νόμισμα χρυσό και απεικόνισα το κεφάλι της Γοργόνας. Πλακόστρωσα
μία οδό και την είπα Εγνατία, να περάσει ο Παύλος για τη βάπτιση της
πρώτης χριστιανής στα νερά του Ζυγάκτη...
«Ανωνύμου Εταιρίας καπνών
και πέραν θαλάσσης »,
Διαμαντής Αξιώτης,
Ελευθεροτυπία, 23 Φεβραυαρίου 2001.
Tout au long de notre séjour, nous avons eu la chance de travailler nos cours de grec moderne au « Cinquième Collège » de la municipalité de Kavala situé au sein de la vieille ville. Le bâtiment a été construit au XIXe siècle contre la forteresse extérieure et domine toute la baie.
Le directeur, M. Cheristanidis Georges, nous a autorisés à utiliser les lieux, mais il nous a aussi présenté l’histoire de la ville en rapport avec son établissement : celui-ci a abrité les bureaux et les prisons de la police bulgare durant la Seconde Guerre mondiale. Notons que les Bulgares, comme les Turcs d’ailleurs, se sont ralliés aux forces de l’Axe et ont occupé la Macédoine. Nous avons pu visiter les caves qui avaient été transformées en cellules de détention…Durant cette semaine très riche nous avons également visité le musée du Tabac, qui retrace l’histoire du tabac dans toute la région de Macédoine et de Thrace, dont Kavala fut le grand centre. La grande époque de la culture et de l’exploitation du Tabac a été synonyme de prospérité économique pour la ville ; et son déclin a accompagné celui du commerce du Tabac à la fin des années 50.
Notons également que, en raison de grand nombre d'ouvriers dans cette
ville, c’est à Kavala que s'est organisé l'un des plus importants
mouvements ouvriers de Grèce. Aujourd’hui encore, de nombreux entrepôts
- certains abandonnés, d’autres réhabilités - hantent la ville et
témoignent de son histoire, qui fut parfois violente et sanglante.
Durant notre séjour nous avons également visité le monastère de Notre-dame de Eikossifinissa sur les pentes du mont Pangée. Il s’agit du monastère le plus ancien de toute la péninsule balkanique, fondé en 451 après J.-C. par Saint Germain l’ermite, venu de la Palestine sur ordre de la Vierge Marie.
Dans le monastère est conservé, entre autres trésors du christianisme orthodoxe, l’icône « αχειροποίητος » - non peinte par la main d’homme - de la Mère de Dieu. C’est cette icône miraculeuse que les Bulgares ont voulu prendre durant la Première Guerre mondiale. En 1917, les troupes bulgares qui avaient envahi la Macédoine en se ralliant aux Ottomans et aux Allemands, pillèrent en effet la majorité des trésors du monastère ; durant cette attaque, un officier bulgare qui tentait de voler l’icône de la Vierge fut repoussé par une force mystérieuse avec tant de violence qu’il en mourut. Sur le sol en marbre, on voit toujours les traces laissées par sa botte et par son arme.
Depuis 1965, le monastère fonctionne comme couvent. Nous avons d’ailleurs été reçus très chaleureusement par les sœurs, qui nous ont offert le café, des gâteaux ainsi que des feuilletés au fromage, car nous y étions pendant la semaine de « τυροφάγου » , juste avant le début du carême, où l'on ne consomme que des laitages. La sœur supérieure s’est entretenue avec nous et nous a souhaité beaucoup de force et de discipline pour l’apprentissage du grec.
Notre volonté de connaître et de comprendre les multiples
facettes de la société grecque d’aujourd’hui, ainsi que ses problèmes
politiques et ses relations avec ses voisins, nous ont menés sur les
pentes de la chaîne montagneuse du Rhodope. Nous avons visité la région
au nord de la ville de Xanthi, habitée par des populations pomaques.
Les Pomaques de Grèce sont musulmans et, depuis le Traité de Lausanne
de 1923 - qui ne fait pas la différence entre les Pomaques et les
populations d’origine tsigane ou turque - ils reçoivent un enseignement
primaire bilingue turc-grec, et un enseignement religieux en turc et en
arabe à la mosquée. La Turquie affirme que ces populations seraient des
«Turcs pur sang» arrivés dans les Balkans en apportant leur religion
avec eux. Ainsi cette population est aujourd’hui
instrumentalisée par la Turquie au travers la religion et la langue et
s’inscrit dans ses revendications dans le but de turquiser la Thrace.
La Grèce ainsi que la Bulgarie estiment que les Pomaques sont de chrétiens islamisés durant l’occupation ottomane. Leur langue, d’origine slave, laisse d'ailleurs penser qu’il s’agirait des descendants d'antiques tribus thraces, qui auraient subi l’influence bulgare. L’état grec qui, depuis 1923, appliquait une politique d’isolation et donc d’exclusion social, donnant ainsi des appuis à l’expansionnisme turc, a changé radicalement son système éducatif dans le but d’aider cette population à s’intégrer. Depuis 1991, le fait que ces populations aient comme langue maternelle le pomaque est accepté, et le grec est enseigné comme deuxième langue. Les résultats sont visibles : les enfants continuent maintenant sans difficulté leur scolarité dans le secondaire et réussissent leurs études universitaires comme les autres enfants grecs.
Nous sommes notamment allés dans le village de Dimario, dernier village
grec avant la Bulgarie. Grâce à une autorisation spéciale qui nous a
été accordée par la Direction de l’Enseignement Primaire du Ministère
de l’Education Nationale, nous avons visité l’école primaire du
village, où nous avons été reçus par le directeur et ses collègues.
Nous avons eu l’occasion de discuter avec eux et de leurs poser nos
questions sur le système éducatif et les problèmes sociaux et
politiques. Nous avons également fait la connaissance des élèves, qui
ont dansé et chanté pour nous. Accompagnés par le directeur, nous avons
visité la mosquée, nous nous sommes promenés dans Dimario, où nous avons vu
le vieux moulin à eau et avons finalement été invités au café du
village.
Notre séjour coïncidant avec le carnaval, la fameuse « Αποκριά », à l'occasion d’une escapade dans la ville de Xanthi, en Thrace – centre des festivités du nord de la Grèce pendant cette période -, nous avons suivi la célébration de la coutume de « Καλόγεροι ».
Cette coutume - que l’écrivain Georges Vizyinos a décrite telle que la pratiquaient les Grecs en Thrace de l’Est avant l’échange des populations de 1923 - conserve des traces des fêtes dionysiaques, comme c'est souvent le cas du carnaval en Grèce, qui mêle tradition antique et tradition chrétienne : la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps sont assimilées à la victoire de la vie contre la mort ; Perséphone pourra regagner le soleil et retrouver Déméter, la résurrection du Christ a vaincu le mal ; la fertilité de la terre et la fécondité humaine triomphent…
Nous aussi, nous avons fêté le carnaval le samedi avant notre départ, avec orchestre traditionnel, musiques et danses d’Epire, de Macédoine et de Thrace. Vangelis Tsaganos, notre chorégraphe professeur de danse, faisait partie de la formation. Notre très chère amie et collègue Anna Papavasiliou était aussi avec nous ; elle est venue exprès de Katerini pour nous voir et fêter le carnaval avec nous !