L'odyssée commence ici...
Une victoire
pour le grec moderne !

Alors que par
mesure d’économie, les lycées français tendent à ne plus
enseigner que l’Anglais et l’Espagnol, à supprimer les classes de grec
ancien, le lycée Claude Monet (Paris 13°) résiste et montre combien
l’enseignement du grec et la diffusion de la culture grecque
d’aujourd’hui lui tiennent à cœur.
En partenariat
avec l’association « Odyssée - Périples et
Découvertes » un atelier de grec moderne s’est
ouvert cette année pour les élèves de ce grand lycée
parisien !
Il faut dire que la cité scolaire Claude Monet a une longue tradition
dans l’enseignement du grec ancien, que les élèves peuvent suivre
depuis le collège (classe de 5°) jusqu’aux classes
préparatoires.
Grâce aux efforts de Madame Régine Gresset, professeur agrégé de
lettres classiques, et au soutien de Monsieur Jean-Claude Dupuy,
proviseur, lui-même helléniste, le projet monté en collaboration avec
Georges Kostakiotis, chargé de cours à l’Inalco et enseignant à
l’association Phonie-Graphie, a été retenu par la Délégation Académique
aux Relations Européennes et Internationales (DAREIC) et a obtenu un
soutien financier.
Nous avions un groupe de 22 lycéens. Les cours de langue
proprement
dite étaient assurés par Georges Kostakiotis. Les élèves, en acquérant
quelques bases linguistiques, ont pris contact avec la réalité grecque
d’aujourd’hui, avec cette langue bien vivante, une des langues
officielles de la Communauté Européenne, parlée par 12 millions de
citoyens dans deux pays membres, la Grèce et Chypre, ainsi que par une
grande diaspora, économiquement forte et politiquement
influente, depuis les Etats-Unis jusqu’en Australie.
D’autre part les lycéens hellénistes ont pu voir combien la
connaissance du grec ancien facilite l’apprentissage du grec moderne,
tant sont nombreuses les correspondances entre les deux états de la
langue.
D’autres activités ont été organisées pour compléter l’initiation
linguistique et mettre en contact les élèves avec le monde grec. Dans
le cadre de la présidence française de la Communauté Européenne, le
lycée Claude Monet a demandé à être apparié avec Chypre.
Le conseiller culturel de l’ambassade de Chypre à Paris est
venu faire
une conférence sur le développement historique de l’île et sa place
dans l’Europe d’aujourd’hui.
Nous avons poursuivi
la découverte de l’île en visitant les
salles des
antiquités chypriotes du musée du Louvre, guidés par les commentaires
de R.Gresset. Quelques élèves hellénistes étaient chargés de la
présentation de certaines pièces « phares » de la
collection. La visite s’est terminée par la lecture et le commentaire
d’un poème de Georges Seféris, par G. Kostakiotis : la poésie
de Georges Seféris fait surgir l’ancien monde à travers les bruits, les
odeurs, les couleurs du monde moderne.
Les jeunes français ont ainsi découvert des pages importantes
de
l’histoire chypriote tout en faisant connaissance avec le grec
moderne !
Επικαλέω
τοι την θεόν...
Λάδι στα μέλη,
ίσως ταγγή μυρωδιά
όπως εδώ στο λιόμυλο
της μικρής εκκλησιάς
στους χοντρούς πόρους
της σταματημένης πέτρας.
Λάδι στην κώμη
στεφανωμένη με σκοινί,
ίσως και άλλα αρώματα
που δε γνωρίσαμε
φτωχά και πλούσια
κι αγαλματάκια στα δάχτυλα
προσφέροντας μικρούς μαστούς.
Λάδι στον ήλιο
τρόμαξαν τα φύλλα
στου ξένου το σταμάτημα
και βάρυνε η σιγή
ανάμεσα στα γόνατα.
Έπεσαν τα νομίσματα
« Επικαλέω τοι την θεόν... »
Λάδι στου ώμους
και στη μέση που λύγισε
γρίβα σφυρά στη χλόη,
κι αυτή η πληγή στον ήλιο
καθώς σημαίναν τον εσπερινό
καθώς μιλούσα στον αυλόγυρο
μ’ένα σακάτη.
Κούκλια, Νοέμ. ’53

Au
nom de la déesse…
De l’huile sur les jambes et les bras,
peut-être une odeur rance
comme ici, au pressoir à olives
de la petite église
dans les pores rugueux
de la meule arrêtée.
De l’huile sur la chevelure
ceinte d’une cordelette
peut-être d’autres parfums aussi
que nous n’avons pas connus
pauvres et riches
et des statuettes portant en offrande
leurs petits seins au creux des doigts.
De l’huile au soleil
les feuilles ont pris peur
quand l’étranger s’arrêta
et que le silence s’alourdit
entre les genoux.
Les pièces sont tombées :
« Au nom de la déesse… »
De l’huile sur les épaules
et la taille qui en vit à fléchir
des chevilles mordorées sur l’herbe,
et cette plaie au soleil
tandis qu’on sonnait les vêpres
tandis que je bavardais dans l’enclos
avec un impotent.
à Couclia, novembre 1953
Traduit par Christos Papazoglou
Ce projet a
également
eu une dimension musicale et
chorégraphique. Un compositeur, spécialiste de la musique ancienne, a
présenté aux
lycéens les instruments, les sons, les rythmes de la musique
antique. Enfin, sous la conduite du chorégraphe Michalis
Vouvellis originaire de
l’île de Lesbos, les lycéens ont fait leurs premiers pas de danses
traditionnelles sur des airs de Crète, du Péloponnèse, de Thessalie ou
encore de Macédoine et des îles de la mer Egée…
Cette
première expérience nous a montré que l’intérêt et la volonté des
jeunes Français sont bien vifs : c’est à nous tous, Grecs et
philhellènes, d’agir !